Introduction
Le désert de Mojave, s'étendant sur plus de 124 000 km², est un désert d'abri formé par l'ombre pluviométrique des chaînes de montagnes côtières de Californie. Il est délimité par la faille de San Andreas à l'ouest et le fleuve Colorado à l'est. Son nom provient de la tribu amérindienne Mohave. Ce désert est une terre de contrastes extrêmes, allant des dunes de sable aux montagnes escarpées, des bassins salins aux forêts de yuccas géants, et abritant une biodiversité unique adaptée à des conditions arides et à des amplitudes thermiques considérables.
Description
Le Mojave est caractérisé par une topographie variée comprenant des chaînes montagneuses isolées (comme les Spring Mountains), de vastes bassins endoréiques (comme le bassin de Mojave), des lits de lacs asséchés (playas) et des champs de dunes. Son point le plus emblématique est la Vallée de la Mort (Death Valley), qui contient Badwater Basin, à 86 mètres sous le niveau de la mer, et qui détient le record de la température de l'air la plus élevée jamais enregistrée sur Terre (56,7°C en 1913). Le climat est de type désertique chaud, avec des précipitations annuelles inférieures à 150 mm, des étés torrides et des hivers pouvant être frais, avec des gelées occasionnelles en altitude. La végétation est dominée par des plantes xérophytes, dont l'emblématique Joshua Tree (Yucca brevifolia), qui ne pousse naturellement que dans le Mojave. On y trouve également le créosotier, le buisson de sauge noire et diverses espèces de cactus.
Histoire
Le désert de Mojave est habité depuis plus de 10 000 ans par des peuples autochtones, dont les Chemehuevi, les Serrano et les Mojave, qui ont développé des modes de vie adaptés à l'aridité. L'exploration européenne a commencé au XVIIIe siècle avec les missionnaires espagnols. La ruée vers l'or en Californie (1849) a vu des milliers de prospecteurs traverser le désert, souvent au péril de leur vie, donnant lieu à des récits tragiques comme celui de la « Death Valley '49ers ». Le développement du chemin de fer et de la Route 66 au XXe siècle a ouvert la région au transport et au tourisme. Le Mojave a également joué un rôle dans l'histoire aéronautique et spatiale, avec la base aérienne d'Edwards et des sites d'essais militaires. Aujourd'hui, il fait face à des défis liés à l'urbanisation, à l'exploitation des ressources (énergie solaire, mines) et à la conservation.
Caracteristiques
1. **Écologie unique** : Le Mojave est défini comme une écorégion distincte, marquée par la présence du Joshua Tree. Il abrite une faune adaptée comme le coyote, le puma, le lièvre de Californie, la tortue du désert et le serpent à sonnette. 2. **Géologie spectaculaire** : La région présente une histoire géologique complexe avec des failles actives (comme la faille de Garlock), des volcans éteints (Amboy Crater), des formations rocheuses sculptées par l'érosion (parc national de Joshua Tree, Zabriskie Point) et des dépôts de borax historiques. 3. **Extrêmes climatiques** : Il connaît les températures estivales les plus élevées du continent et une grande variabilité saisonnière. Les précipitations, bien que rares, peuvent provoquer des crues soudaines dévastatrices. 4. **Utilisation humaine** : Le désert accueille des villes comme Las Vegas (en périphérie) et Palmdale, des bases militaires (Fort Irwin), d'immenses centrales solaires thermiques (comme Ivanpah) et des parcs éoliens. C'est aussi une destination majeure pour le tourisme de nature et l'escalade.
Importance
Le désert de Mojave est d'une importance capitale à plusieurs niveaux. Écologiquement, c'est un hotspot de biodiversité désertique et un laboratoire naturel pour l'étude de l'adaptation à l'aridité et au changement climatique. Culturellement, il est profondément ancré dans l'imaginaire américain, symbolisant à la fois la frontière, l'isolement et la résilience, inspirant artistes, cinéastes et musiciens. Économiquement, ses ressources (énergie solaire, minéraux) et son attrait touristique (parcs nationaux de Death Valley, Joshua Tree, Mojave National Preserve) sont significatifs. Scientifiquement, ses conditions extrêmes en font un analogue pour la recherche planétaire, notamment sur Mars. Les défis de conservation y sont intenses, opposant développement énergétique, préservation d'habitats fragiles et protection du patrimoine culturel autochtone.
