Introduction
Téhéran, mégapole de plus de 9 millions d'habitants (et plus de 15 millions pour l'agglomération), est le cœur battant de l'Iran moderne. Perchée à une altitude moyenne de 1 200 mètres, elle s'étend sur un vaste plateau au sud de la chaîne montagneuse de l'Alborz, qui lui offre un décor spectaculaire et un climat contrasté. Capitale depuis la fin du XVIIIe siècle, elle concentre tous les pouvoirs et incarne les paradoxes et les transformations rapides de la nation iranienne.
Description
Téhéran est une ville de contrastes saisissants. Son urbanisme est un mélange d'architecture traditionnelle persane, de bâtiments modernes et d'immeubles d'après-guerre. La ville est divisée en deux grandes parties : le nord, plus aisé, vert et frais, accroché aux contreforts de l'Alborz, et le sud, plus populaire, dense et chaud. Elle abrite d'importants musées comme le Musée national d'Iran et le trésor des Joyaux de la Couronne nationale, ainsi que des palais somptueux (Golestan, Sa'dabad). Malgré la pollution et les embouteillages légendaires, ses parcs (comme le parc Mellat) et ses stations de ski (comme Dizin) à proximité immédiate en font une ville aux loisirs variés. Le Grand Bazar de Téhéran reste un centre économique et social majeur.
Histoire
Téhéran n'a pas toujours été la capitale de la Perse. Simple village au début de l'ère islamique, elle gagne en importance sous la dynastie séfévide (XVIe-XVIIIe siècles) pour sa position stratégique et ses jardins. C'est Agha Mohammad Shah, fondateur de la dynastie Qadjar, qui en fait la capitale en 1786 pour sa position centrale et facile à défendre. Les Qadjars y construisent le palais du Golestan. La ville se modernise considérablement sous la dynastie Pahlavi (1925-1979), avec de grandes avenues, des bâtiments gouvernementaux et des universités. Elle devient le théâtre d'événements majeurs du XXe siècle : la nationalisation du pétrole sous Mossadegh, la Révolution constitutionnelle au début du siècle, et surtout la Révolution islamique de 1979 qui renverse le Shah. Durant la guerre Iran-Irak (1980-1988), elle est la cible de missiles et de raids aériens. Depuis, elle continue de s'étendre et de se transformer, reflétant les tensions entre tradition et modernité.
Caracteristiques
Plusieurs traits définissent Téhéran. Géographiquement, sa situation entre montagne et désert explique son climat continental, avec des hivers froids et neigeux et des étés chauds et secs. Démographiquement, elle est extrêmement diverse, accueillant des populations de toutes les ethnies d'Iran (Persans, Azéris, Kurdes, etc.). Économiquement, c'est le centre industriel du pays (automobile, textile, électronique, matériaux de construction) et le siège de plus de la moitié des grandes entreprises iraniennes. Culturellement, c'est un foyer de production cinématographique (avec des réalisateurs de renommée mondiale comme Kiarostami ou Farhadi), littéraire et artistique. Politiquement, elle abrite toutes les institutions de la République islamique (bureau du Guide suprême, Parlement, Présidence) et a été le lieu de nombreux mouvements de protestation, notamment le Mouvement vert en 2009.
Importance
Téhéran est d'une importance capitale à plusieurs échelles. Pour l'Iran, elle est le centre névralgique du pouvoir, de l'économie et de la culture, polarisant les ressources et les talents. Son poids démographique et politique est écrasant. Régionalement, en Asie occidentale, c'est une métropole majeure, influente dans les affaires du Moyen-Orient et de l'Asie centrale. À l'échelle internationale, elle est au centre des enjeux géopolitiques liés à l'énergie nucléaire, aux relations internationales et aux questions de sécurité. Son statut de capitale d'une civilisation millénaire et d'une puissance régionale en fait une ville incontournable, souvent au cœur de l'actualité mondiale, symbolisant à la fois la riche histoire persane et les défis complexes de l'Iran contemporain.
