Tbilissi

Tbilissi est la capitale et la plus grande ville de la Géorgie, située stratégiquement dans le Caucase du Sud. Fondée au Ve siècle, elle est célèbre pour son architecture éclectique mêlant influences orientales et occidentales, ses bains de soufre et son rôle de carrefour culturel et politique.

Introduction

Tbilissi, la capitale vibrante de la Géorgie, s'étend le long des rives de la rivière Koura (Mtkvari) dans une vallée encaissée du Caucase. Plus qu'un simple centre administratif, elle est le cœur battant de la nation géorgienne, un creuset historique où se sont rencontrées et mêlées les civilisations d'Europe et d'Asie. Son nom, dérivé du mot géorgien 'tbili' (chaud), évoque ses sources thermales légendaires qui sont à l'origine de sa fondation.

Description

La topographie de Tbilissi est spectaculaire, avec des quartiers s'étageant sur les collines abruptes qui dominent la rivière. La vieille ville (Kala) constitue le noyau historique, un labyrinthe de ruelles pavées, de maisons à balcons en bois sculpté et d'églises orthodoxes. Elle est surplombée par la forteresse de Narikala, une citadelle persane du IVe siècle, et la statue monumentale de la Mère de la Géorgie (Kartlis Deda). Le quartier d'Abanotubani, avec ses dômes en brique des bains de soufre, est un emblème architectural unique. Le visage de la ville s'est diversifié avec les avenues rectilignes de l'ère tsariste (Roustaveli), l'architecture moderniste soviétique et les audacieuses structures contemporaines comme le Pont de la Paix et la cathédrale de la Sainte-Trinité (Sameba), l'une des plus grandes églises orthodoxes au monde. La ville est un centre culturel majeur, abritant l'Opéra, le Théâtre Roustaveli et de nombreux musées.

Histoire

Selon la légende, Tbilissi fut fondée au Ve siècle par le roi Vakhtang Ier Gorgassali, après qu'un faucon chassé par le roi soit tombé dans une source chaude. Séduit par le site, il y transféra la capitale depuis Mtskheta vers 458. Sa position sur la Route de la Soie en fit une cité prospère mais convoitée. Elle fut successivement sous domination perse, arabe, mongole, ottomane et iranienne. En 1801, l'Empire russe l'annexa, en faisant le centre de la vice-royauté du Caucase. Elle devint la capitale de la République démocratique de Géorgie en 1918, puis de la République socialiste soviétique de Géorgie en 1921. Après l'indépendance en 1991, Tbilissi a traversé une période difficile (guerre civile, crise économique) avant de connaître une renaissance spectaculaire au XXIe siècle, devenant le symbole de la Géorgie moderne et pro-européenne.

Caracteristiques

Tbilissi se caractérise par son multiculturalisme historique, avec la présence ancienne de communautés arménienne, azérie, juive, russe et assyrienne. Son climat est continental, avec des étés chauds et des hivers froids. La gastronomie y est centrale, des échoppes de khinkali (raviolis) et de khachapuri (pain au fromage) aux restaurants gastronomiques. Les transports en commun incluent un métro historique (inauguré en 1966) et un téléphérique. La langue officielle est le géorgien, utilisant son alphabet unique. La ville est le siège du gouvernement, du Parlement et des principales institutions nationales.

Importance

Tbilissi est le centre politique, économique et culturel incontesté de la Géorgie. Elle génère une part prépondérante du PIB national et concentre les sièges sociaux, les universités (dont l'Université d'État de Tbilissi) et les médias. Sur le plan international, elle joue un rôle clé en tant que porte d'entrée du Caucase et acteur géopolitique entre la Russie, l'Europe et l'Asie. Elle abrite le siège de la Banque asiatique de développement pour la région et est un membre actif de réseaux de villes comme l'Association internationale des maires francophones. Son patrimoine architectural et son rôle dans la diffusion de la culture géorgienne en font un pôle touristique majeur et un symbole de résilience et d'identité nationale.

Anecdotes

La légende du faucon et des sources chaudes

La fondation mythique de Tbilissi raconte que le roi Vakhtang Gorgassali chassait dans la région. Son faucon, poursuivant un faisan, tomba avec sa proie dans un bassin d'eau bouillante. En découvrant ces sources thermales aux propriétés curatives, le roi décida d'y fonder une nouvelle capitale, abandonnant Mtskheta. Les bains de soufre d'Abanotubani perpétuent encore aujourd'hui cette tradition.

Le métro, témoin de l'ère soviétique

Le métro de Tbilissi, ouvert en 1966, fut le quatrième système de métro en Union soviétique (après Moscou, Saint-Pétersbourg et Kiev). Les stations de la première ligne, comme celle de Roustaveli, sont de véritables musées souterrains, ornées de fresques, de mosaïques et de lustres monumentaux typiques de l'architecture stalinienne.

La statue de la Mère de la Géorgie

Érigée en 1958 sur la colline de Sololaki, la statue en aluminium de Kartlis Deda (la Mère de la Géorgie) mesure 20 mètres. Elle tient dans sa main gauche une coupe de vin pour accueillir les amis, et dans sa main droite une épée pour repousser les ennemis. Elle symbolise parfaitement le caractère national géorgien, réputé pour son hospitalité légendaire et son esprit guerrier.

La cathédrale de Sameba, un projet national

La cathédrale de la Sainte-Trinité, achevée en 2004, a été financée par des dons de riches hommes d'affaires géorgiens et de simples citoyens. Sa construction, décidée après l'indépendance, visait à affirmer la renaissance de l'Église orthodoxe géorgienne après 70 ans de régime soviétique athée. C'est l'un des édifices religieux les plus grands et les plus hauts du monde orthodoxe.

Sources

  • National Geographic - Géorgie et Caucase
  • Encyclopædia Britannica - Tbilisi
  • UNESCO - Historical Monuments of Mtskheta (related context)
  • Géorgie: Atlas historique et culturel (Éditions Olizane)
  • Site officiel de l'Office du tourisme de Géorgie
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