Introduction
Moroni, capitale des Comores depuis 1962, est une ville portuaire nichée au pied du majestueux volcan Karthala. Elle incarne le cœur politique, administratif et commercial de la nation, concentrant les institutions gouvernementales, les ambassades et une part significative de l'activité économique. Son nom, dérivé du mot shikomori 'Mroni' signifiant 'au feu' ou 'dans la fournaise', évoquerait soit la présence du volcan, soit les laves qui ont formé la région. La ville offre un visage contrasté, entre l'animation de son marché central et la sérénité de ses vieux quartiers aux ruelles étroites.
Description
Moroni s'étire le long d'une baie profonde sur la côte sud-ouest de Grande Comore. Son centre-ville historique, la Médina, est un dédale de ruelles pavées où se dressent des maisons traditionnelles en pierre de corail aux portes sculptées et des bâtiments datant de la période coloniale. Le front de mer, avec son port de pêche et son port commercial, est une artère vitale pour l'archipel, dépendant des importations. La ville manque d'un véritable plan d'urbanisme, résultant en une croissance organique et parfois anarchique. Le climat est tropical, avec une saison chaude et humide et une saison plus sèche. L'activité économique tourne autour du port, de l'administration, du commerce (notamment de la vanille, de l'ylang-ylang et des clous de girofle) et des services. Les infrastructures, bien que les plus développées du pays, restent limitées, avec des défis récurrents d'approvisionnement en eau et en électricité.
Histoire
L'histoire de Moroni est étroitement liée à celle des sultanats qui se sont succédé aux Comores. La ville s'est développée à partir du XVe siècle comme un important comptoir swahili sur les routes commerciales de l'océan Indien, échangeant des épices, de l'or et des esclaves. Elle devint la capitale du sultanat de Bambao au XIXe siècle. En 1886, les Comores passent sous protectorat français, et Moroni est éclipsée par Dzaoudzi (à Mayotte) comme capitale administrative jusqu'en 1962. Cette année-là, le siège du gouvernement est transféré à Moroni, consacrant son statut. À l'indépendance en 1975, elle devient la capitale de la nouvelle République Fédérale Islamique des Comores. Son histoire post-coloniale est marquée par une instabilité politique chronique, avec de nombreux coups d'État dont les épicentres furent souvent la ville elle-même. Malgré ces turbulences, Moroni a conservé son rôle de centre névralgique du pays.
Caracteristiques
Plusieurs éléments distinctifs caractérisent Moroni. Son monument le plus emblématique est l'Ancienne Mosquée du Vendredi (ou Mosquée de Vendredi), datant du XVe siècle, avec sa tour carrée blanche et son minaret, symbole de la profonde islamisation de l'archipel. Le marché central de Volo-Volo est un lieu de vie intense, où se mêlent senteurs d'épices, de poissons séchés et de fruits tropicaux. Le Palais du peuple, résidence présidentielle, et la Place de l'Indépendance sont des sites politiques majeurs. La ville est surplombée par le Karthala (2 361 m), l'un des plus grands volcans actifs du monde, dont les éruptions récurrentes (1977, 1991, 2005, 2006) menacent directement la capitale et influencent la vie de ses habitants. La culture comorienne, mélange d'influences bantoues, arabes et malgaches, est palpable dans la langue (shikomori, français, arabe), la musique et l'artisanat.
Importance
Moroni est d'une importance capitale pour l'Union des Comores. Elle est le siège de toutes les institutions nationales : présidence, gouvernement, assemblée, et cours suprêmes. C'est aussi le principal hub économique, accueillant la Banque Centrale, les grandes entreprises et le port qui traite l'essentiel du trafic maritime international du pays. En tant que plus grande agglomération (environ 110 000 habitants), elle polarise les migrations internes et concentre les services de santé et d'éducation (avec l'Université des Comores). Sur le plan international, elle abrite les représentations diplomatiques et est le point d'entrée principal pour les visiteurs et les aides au développement. Cependant, son importance est tempérée par les tensions politiques entre les îles, la pauvreté endémique et la vulnérabilité aux catastrophes naturelles, qui limitent son rayonnement régional.
