Introduction
Manama, située sur la pointe nord de l'île de Bahreïn dans le Golfe Persique, est le cœur battant du Royaume de Bahreïn. Plus qu'une simple capitale administrative, elle incarne la transformation spectaculaire d'une nation, passant d'une économie basée sur la pêche des perles et le commerce à une plaque tournante financière et commerciale de premier plan au Moyen-Orient. Son paysage urbain, dominé par des tours de verre et d'acier, cohabite avec des souks traditionnels et des sites archéologiques millénaires, offrant un mélange fascinant d'ancien et de nouveau.
Description
Manama s'étend sur environ 30 kilomètres carrés et constitue la plus grande ville du pays, abritant près de la moitié de la population nationale. La ville est organisée autour de plusieurs quartiers distincts. Le centre historique, autour du Bab al-Bahreïn (la 'Porte de Bahreïn'), abrite le souk animé de Manama, un labyrinthe de ruelles où l'on trouve épices, textiles et orfèvrerie traditionnelle. À l'ouest, le quartier de Diplomatic Area concentre les ministères, les ambassades et de nombreuses institutions financières. Plus au nord, le quartier de Juffair, gagné sur la mer, est connu pour sa vie nocturne et ses complexes résidentiels. La corniche, longue de plusieurs kilomètres, offre des promenades agréables avec une vue sur les eaux du golfe et les célèbres dhows (bateaux traditionnels). Le développement urbain est marqué par des projets phares comme les tours jumelles du World Trade Center Bahreïn, équipées d'éoliennes intégrées, et la Bahrain Bay, un développement insulaire ultramoderne.
Histoire
L'histoire de Manama est ancienne et liée à la position stratégique de l'île. Bien que mentionnée dans les chroniques islamiques dès 1345, la ville a véritablement pris de l'importance à partir du XVIIIe siècle, sous la dynastie Al Khalifa, qui règne encore aujourd'hui. Au XIXe et au début du XXe siècle, Manama prospérait grâce au commerce des perles naturelles, attirant des marchands de toute la région. La découverte du pétrole à Bahreïn en 1932, le premier dans le Golfe, a radicalement transformé la ville, initiant une période de modernisation rapide. Manama est devenue la capitale du protectorat britannique, puis, en 1971, celle du Bahreïn indépendant. Depuis la fin du XXe siècle, le gouvernement a activement diversifié l'économie pour réduire la dépendance au pétrole, faisant de Manama un centre bancaire et financier offshore de premier plan, souvent surnommé le 'hub financier du Moyen-Orient'.
Caracteristiques
Manama se caractérise par sa diversité et son cosmopolitisme. C'est une ville où les communautés bahreïnienne, expatriée occidentale et asiatique (notamment d'Inde, du Pakistan et des Philippines) se côtoient. Cette diversité se reflète dans sa vie culturelle et culinaire. La ville possède plusieurs monuments emblématiques, dont la Grande Mosquée Al-Fateh, l'une des plus grandes au monde pouvant accueillir 7 000 fidèles, et le Musée national de Bahreïn, qui retrace 6 000 ans d'histoire. Le Circuit international de Sakhir, situé dans le désert au sud de la ville, accueille le Grand Prix de Formule 1 de Bahreïn, un événement majeur. Sur le plan économique, Manama abrite la Bourse de Bahreïn et de nombreuses banques conventionnelles et islamiques, bénéficiant d'une réglementation favorable. Son climat est désertique, avec des étés très chauds et humides et des hivers doux.
Importance
Manama joue un rôle disproportionné par rapport à la taille du pays. Sur le plan régional, elle est un centre financier et de services essentiel, en concurrence avec Dubaï et Doha, mais avec une approche souvent considérée comme plus traditionnelle et discrète. Son importance stratégique est renforcée par la présence de la Cinquième Flotte de la marine américaine, basée à Juffair depuis 1995, ce qui en fait un point nodal pour la sécurité maritime dans le Golfe. Culturellement, Manama a longtemps été un carrefour intellectuel et artistique libéral dans la région, avec une scène musicale et littéraire active. Elle a été désignée Capitale arabe de la culture en 2012 et Capitale du tourisme arabe en 2013. La ville est également le siège de plusieurs organisations internationales, dont le Conseil de coopération du Golfe (CCG). Son modèle de développement, axé sur les services et le tourisme d'affaires, est étudié comme une alternative à l'économie pétrolière pure.
