Introduction
Kaboul, perchée à environ 1 800 mètres d'altitude sur les rives de la rivière du même nom, incarne la résilience et la complexité de l'Afghanistan. Plus qu'une simple capitale administrative, elle est le cœur battant d'une nation aux identités multiples, un lieu où se mêlent les héritages persan, turco-mongol et indien. Son paysage urbain, marqué par les collines fortifiées et les architectures contrastées, raconte une histoire de splendeurs impériales, de guerres modernes et de reconstructions incessantes.
Description
Kaboul est une métropole de plus de 4,5 millions d'habitants, ce qui en fait de loin la plus grande agglomération d'Afghanistan. La ville s'étend le long de la vallée du Kaboul, entourée de montagnes arides comme les collines de Sher Darwaza et de Koh-e Asamayi. Son tissu urbain est un mélange hétéroclite : des ruelles tortueuses du vieux bazar (Chahar Chata) aux quartiers modernes de Wazir Akbar Khan, des maisons traditionnelles en pisé aux bâtiments gouvernementaux en béton. La rivière Kaboul, souvent à sec en été, traverse la ville. Le climat est continental, avec des hivers froids et neigeux et des étés chauds et secs. La ville abrite des institutions nationales majeures comme le palais présidentiel (Arg), l'université de Kaboul et le mausolée de l'empereur moghol Babur.
Histoire
L'histoire de Kaboul est millénaire. Mentionnée dans le Rig-Véda (vers 1500 av. J.-C.) sous le nom de Kubha, elle fut conquise par Cyrus le Grand au VIe siècle av. J.-C. Elle devint un carrefour important sur la route de la soie, intégrée successivement aux empires achéménide, séleucide, maurya, kouchan et sassanide. Au VIIe siècle, les Arabes y introduisent l'islam. Kaboul connaît son âge d'or sous l'empire moghol au XVIe siècle, lorsque l'empereur Babur en fait sa capitale et y développe jardins et architecture. Elle passe ensuite sous contrôle perse safavide puis devient la capitale de l'empire durrani en 1776, fondant l'Afghanistan moderne. Le XIXe siècle est marqué par les guerres anglo-afghanes. Au XXe siècle, Kaboul se modernise sous le roi Zaher Shah, mais plonge dans la guerre à partir de 1979 (invasion soviétique, guerre civile, régime taliban). Après l'intervention internationale de 2001, elle connaît une croissance rapide mais désordonnée jusqu'au retour des Talibans en 2021.
Caracteristiques
Kaboul se caractérise par sa diversité ethnique et linguistique, principalement pachtoune, tadjike, hazara et ouzbèke. Le dari (persan afghan) et le pachto sont les langues officielles. La ville est le centre économique du pays, avec des activités basées sur le commerce, les services administratifs et une petite industrie. Son patrimoine culturel, bien qu'endommagé, reste significatif : les jardins de Babur (Bagh-e Babur), la mosquée bleue d'Abdul Rahman, le musée national d'Afghanistan et la forteresse de Bala Hissar en sont des exemples. La cuisine kaboulie, réputée, inclut des plats comme le kabouli palaw (riz au mouton et aux carottes) et les mantu (raviolis). La sécurité et la gouvernance ont radicalement changé depuis 2021, avec l'établissement de l'Émirat islamique d'Afghanistan.
Importance
Kaboul est d'une importance capitale à plusieurs titres. Politiquement, elle est le siège du pouvoir en Afghanistan, concentrant toutes les institutions de l'État. Historiquement, sa position de carrefour en a fait un point de contact et de conflit entre les mondes persan, indien et d'Asie centrale, influençant le cours de l'histoire régionale. Culturellement, elle a été un centre de poésie persane, de musique et d'érudition islamique. Stratégiquement, sa valeur géopolitique a attiré les convoitises des grandes puissances, des empires britannique et russe au XIXe siècle aux États-Unis au XXIe siècle. Aujourd'hui, son évolution est un baromètre crucial pour la stabilité de l'Afghanistan et de toute la région.
