Introduction
Bissau, fondée en 1687 par les Portugais comme un comptoir fortifié, est une ville portuaire au charme complexe et à l'histoire tumultueuse. Capitale d'un pays marqué par l'instabilité politique, elle incarne à la fois les défis du développement post-colonial et la résilience de sa population. Son paysage urbain, où se côtoient vestiges du passé et vitalité du présent, en fait une capitale unique en Afrique de l'Ouest.
Description
Bissau est située sur la rive nord de l'estuaire du fleuve Geba, qui se jette dans l'océan Atlantique. Cette position stratégique en a fait historiquement un port important. La ville s'étend sur l'île de Bissau et sur la terre ferme, reliées par des ponts. Le centre-ville, connu sous le nom de 'Praça', abrite les principaux bâtiments administratifs, dont le Palais du Gouvernement et le Palais Présidentiel, ce dernier étant un édifice imposant de style colonial portugais. L'Avenida Amilcar Cabral est l'artère principale. Au-delà du centre, la ville se compose de nombreux quartiers (bairros) comme Antula, Bandim et Quelele, où la vie quotidienne est intense et les marchés omniprésents, comme le grand marché central de Bandim. La végétation tropicale est très présente, et l'ambiance générale est celle d'une ville à l'urbanisation spontanée, où les coupures d'électricité et d'eau sont fréquentes, mais où l'animation et la culture sont palpables.
Histoire
L'histoire de Bissau est indissociable de la traite négrière et de la colonisation portugaise. Établie en 1687 sous le nom de 'Bissau', elle servit de fort (Fortaleza de São José da Amura) et de comptoir pour le commerce d'esclaves, d'ivoire et de cire. Elle devint la capitale de la Guinée portugaise en 1941, remplaçant Bolama. La ville fut un foyer central de la lutte pour l'indépendance, menée par le Parti Africain pour l'Indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC) sous la direction d'Amilcar Cabral. Après une guerre de libération de onze ans, l'indépendance fut unilatéralement proclamée à Madina do Boé en 1973, et Bissau en devint la capitale officielle en 1974. Depuis, son histoire a été marquée par une instabilité politique chronique, avec plusieurs coups d'État et un conflit civil en 1998-1999 qui endommagea gravement une partie de la ville, dont l'ancien palais présidentiel, laissé en ruine comme un mémorial.
Caracteristiques
Bissau présente plusieurs caractéristiques distinctives. Démographiquement, c'est une ville cosmopolite où cohabitent différentes ethnies, principalement les Balantes, les Fulas, les Manjacks et les Pepels, ainsi qu'une petite communauté de descendants portugais et libanais. Culturellement, elle est le berceau du gumbe, un genre musical national. L'architecture est un mélange éclectique : bâtiments coloniaux portugais aux couleurs pastel (certains bien conservés, d'autres en ruines), structures modernistes des années 1970-80, et habitats populaires en matériaux légers. Économiquement, le port de Bissau est vital pour les exportations (noix de cajou, principale richesse du pays, bois, poisson) et les importations. La ville concentre la quasi-totalité de l'activité administrative et des services du pays, mais les infrastructures restent précaires. Socialement, elle est organisée autour de la vie de quartier et des marchés.
Importance
En tant que capitale, Bissau est le siège de toutes les institutions nationales : présidence, gouvernement, assemblée nationale et cours de justice. C'est le principal pôle économique de la Guinée-Bissau, drainant l'essentiel des activités commerciales et abritant le port le plus important du pays. Son aéroport international Osvaldo Vieira est la principale porte d'entrée aérienne. Sur le plan culturel, elle est le centre de la production artistique et médiatique nationale, accueillant le Musée National, l'Institut National d'Art, et plusieurs festivals. Son importance régionale est cependant limitée par la taille et la pauvreté du pays. Bissau symbolise à la fois les espoirs de développement de la Guinée-Bissau et les difficultés persistantes liées à la gouvernance et à la reconstruction post-conflit.
