Introduction
Beyrouth, métropole vibrante et complexe, est le cœur battant du Liban. Son histoire, vieille de plus de 5 000 ans, en fait l'une des plus anciennes villes continuellement habitées au monde. Aujourd'hui, elle est le siège des institutions politiques libanaises, le principal port du pays et un carrefour incontournable entre l'Orient et l'Occident. Son paysage urbain, mélange fascinant de ruines phéniciennes, romaines, de mosquées ottomanes, d'églises et d'architecture moderne, raconte les multiples strates de son passé tumultueux.
Description
Beyrouth est construite sur une péninsule triangulaire s'avançant dans la mer Méditerranée, entre deux collines, Achrafieh à l'est et Ras Beyrouth à l'ouest. La ville est divisée en plusieurs quartiers distincts : le centre-ville (Downtown), minutieusement reconstruit après la guerre civile, abrite des sites historiques comme la Place des Martyrs et la Mosquée Mohammed Al-Amin ; Hamra est le quartier universitaire et culturel, animé et cosmopolite ; Gemmayzé et Mar Mikhaël sont réputés pour leur vie nocturne et leurs restaurants ; tandis que la Corniche, longue promenade en bord de mer, est un lieu de rassemblement populaire. La ville est un creuset de communautés religieuses (musulmanes sunnites et chiites, chrétiennes de diverses confessions, druzes) qui cohabitent dans un équilibre souvent fragile.
Histoire
L'histoire de Beyrouth remonte à l'âge du bronze, avec des mentions dans les lettres d'Amarna égyptiennes (XIVe siècle av. J.-C.). Successivement phénicienne, hellénistique (sous le nom de Béryte), elle devient une colonie romaine importante au Ier siècle av. J.-C., célèbre pour son école de droit. Après un tremblement de terre dévastateur en 551 ap. J.-C., elle passe sous domination arabe, puis des Croisés, des Mamelouks et enfin de l'Empire ottoman pendant quatre siècles (1516-1918). Sous le mandat français (1920-1943), elle est désignée capitale du Grand Liban. Le XXe siècle est marqué par son âge d'or dans les années 1950-60, brutalement interrompu par une longue guerre civile (1975-1990) qui laisse la ville dévastée et divisée. Une période de reconstruction intensive dans les années 1990, menée par la société Solidere, a redonné un visage au centre-ville, mais la ville a de nouveau été frappée par des conflits (guerre de 2006 avec Israël) et la terrible explosion du port le 4 août 2020, causant des destructions massives et une crise humanitaire.
Caracteristiques
Beyrouth se caractérise par sa dualité permanente entre tradition et modernité, entre opulence et précarité. Elle est un pôle d'éducation régional avec des universités prestigieuses comme l'Université américaine de Beyrouth (AUB, fondée en 1866) et l'Université Saint-Joseph (USJ). Sa scène culturelle est foisonnante (théâtres, musées comme le Musée national de Beyrouth et le Sursock Museum, festivals de musique). La gastronomie beyrouthine, réputée dans le monde entier, reflète la diversité libanaise (mezze, grillades, pâtisseries). L'économie, bien que frappée par une crise systémique depuis 2019, a longtemps reposé sur les services bancaires (secret bancaire), le tourisme et les médias. La ville est aussi le siège de nombreuses institutions politiques et religieuses, dont la Résidence des Pins (présidence) et le Parlement.
Importance
Beyrouth est d'une importance capitale à l'échelle du Liban, concentrant près de la moitié de la population du pays et la quasi-totalité de son activité économique et décisionnelle. À l'échelle régionale, elle a historiquement joué le rôle de plaque tournante financière et culturelle du monde arabe, rivalisant avec Le Caire et Dubaï. Sa presse et ses maisons d'édition ont une influence considérable. Malgré les crises récurrentes, elle reste un symbole de résistance et de vie pour ses habitants, et un lieu de dialogue (parfois conflictuel) entre les différentes identités du Moyen-Orient. Son destin est inextricablement lié à la stabilité et à l'avenir du Liban tout entier.
