Banjul

Banjul est la capitale de la Gambie, le plus petit pays d'Afrique continentale. Située sur l'île de Saint Mary à l'embouchure du fleuve Gambie, elle est un port stratégique et le centre administratif du pays. Sa fondation en 1816 est liée à la lutte contre la traite négrière.

Introduction

Banjul, autrefois nommée Bathurst, est la capitale et la plus grande ville de la République de Gambie. Nichée sur l'île de Saint Mary (ou île de Banjul), elle est stratégiquement positionnée à l'embouchure du majestueux fleuve Gambie, qui s'écoule dans l'océan Atlantique. Cette situation géographique en a fait historiquement un point de contrôle maritime et commercial crucial. Avec une population d'environ 30 000 habitants dans la ville proprement dite (et plus de 400 000 dans l'agglomération du Grand Banjul), c'est une capitale modeste en taille mais au rôle politique et économique central pour le pays.

Description

Banjul est une ville de contrastes, où l'architecture coloniale britannique côtoie des bâtiments administratifs modernes et des marchés animés. La ville est organisée autour de quelques artères principales, dont Independence Drive et Wellington Street. Son cœur économique et social bat au rythme du grand marché d'Albert, un labyrinthe coloré où l'on trouve de tout, des épices aux textiles en passant par l'artisanat local. L'Arch 22, un monument imposant érigé pour commémorer le coup d'État de 1994, domine l'entrée de la ville et offre une vue panoramique depuis son sommet. La ville est également le principal port maritime du pays, vital pour les exportations (principalement l'arachide, le poisson et ses dérivés) et les importations. Malgré son statut de capitale, Banjul est menacée par l'érosion côtière et la montée du niveau de la mer, des défis environnementaux majeurs.

Histoire

L'histoire de Banjul est intimement liée au commerce et à la colonisation européenne. Fondée en 1816 par les Britanniques sous le nom de Bathurst, elle fut établie comme un avant-post militaire et un comptoir pour la Royal Navy dans le cadre de ses efforts pour supprimer la traite transatlantique des esclaves. Le site fut choisi pour sa position facile à défendre sur une île. La ville se développa lentement comme capitale de la colonie de la Gambie. Elle joua un rôle pendant la Seconde Guerre mondiale en tant qu'escale aérienne pour les Alliés. En 1965, la Gambie obtint son indépendance du Royaume-Uni, et en 1973, Bathurst fut rebaptisée Banjul, reprenant un nom local dérivé du mot mandingue 'Bango', signifiant fibre de bambou ou corde. La ville a été le théâtre d'événements politiques majeurs, dont le coup d'État de 1994 qui porta au pouvoir le président Yahya Jammeh.

Caracteristiques

Banjul se distingue par plusieurs caractéristiques uniques. Géographiquement, c'est l'une des rares capitales situées sur une île. Son plan urbain en damier rappelle son héritage colonial britannique. Sur le plan démographique, elle est remarquablement petite pour une capitale nationale, une grande partie de l'activité économique et de la population s'étant déplacée vers la rive continentale, formant l'agglomération du Grand Banjul (Serekunda, Bakau, etc.). Culturellement, c'est un melting pot des principaux groupes ethniques du pays : Mandingues, Wolofs, Fulas, Jolas et Serahules. La ville abrite des institutions nationales clés comme la State House (résidence présidentielle), l'Assemblée nationale, la Cour suprême et le Musée national de Gambie, qui retrace l'histoire et la culture du pays.

Importance

Banjul est le centre névralgique de la Gambie. Son importance est avant tout politique et administrative, concentrant les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire. Économiquement, son port en eau profonde est vital pour l'économie gambienne, traitant la quasi-totalité du commerce international du pays. C'est aussi un pôle de services (banques, assurances) et un point d'entrée pour le tourisme, bien que les complexes hôteliers soient principalement situés sur la côte atlantique à l'extérieur de la ville. Symboliquement, Banjul incarne la souveraineté nationale et l'identité gambienne. Au niveau régional, elle abrite le siège de la Commission de la Gambie River Basin Development Organization (OMVG), soulignant son rôle dans la gestion des ressources du fleuve. Enfin, son nom est associé à la Charte de Banjul, instrument fondateur de la Commission africaine des droits de l'homme et des peuples, adoptée dans la capitale en 1981.

Anecdotes

Un nom végétal

Le nom 'Banjul' proviendrait du mot mandingue 'Bango', qui désigne la fibre de bambou ou une sorte de corde utilisée par les locaux. Selon la tradition, les fondateurs de la localité originale utilisaient cette fibre pour fixer les pieux des palissades, donnant ainsi son nom à l'endroit.

L'Arch 22, un monument controversé

L'Arch 22 est le plus haut monument de Gambie (35 mètres). Construit pour célébrer le coup d'État du 22 juillet 1994 du président Yahya Jammeh, il est perçu différemment selon les Gambiens : symbole de fierté nationale pour certains, rappel d'une dictature pour d'autres. Il abrite un petit musée textile.

Une capitale menacée par les eaux

Banjul est extrêmement vulnérable à la montée du niveau de la mer et à l'érosion côtière. Des études estiment qu'une élévation d'un mètre inonderait une grande partie de la ville. Ce défi environnemental pousse à des discussions sur un éventuel déplacement de la capitale vers l'intérieur des terres à plus long terme.

Le mystère du 'G'

Banjul est la seule capitale nationale au monde dont le nom commence par un 'B' et dont le pays commence par un 'G' (The Gambia). Le pays insiste sur l'article défini 'The' pour éviter la confusion avec la Zambie et par respect pour son identité liée au fleuve Gambie.

Sources

  • Encyclopædia Britannica - Banjul
  • National Council for Arts and Culture of The Gambia - Historical Overview
  • World Bank Group - Climate Risk Profile: The Gambia
  • UN-Habitat - The Gambia Urban Profile
  • Official Portal of The Republic of The Gambia
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