Introduction
Bakou, la plus grande ville du Caucase et capitale de l'Azerbaïdjan, est une métropole fascinante où l'ancien et le moderne se rencontrent de manière spectaculaire. Perchée sur les rives de la mer Caspienne, elle est bâtie sur un site habité depuis la préhistoire, profitant d'une baie naturelle abritée. Aujourd'hui, son horizon est dominé par des tours futuristes en verre et en acier, surnommées les 'Flammes', qui côtoient les minarets et les murailles médiévales de sa citadelle historique. Cette dualité fait de Bakou un symbole puissant de la renaissance nationale azerbaïdjanaise, nourrie par les revenus du pétrole et du gaz.
Description
La ville s'étend le long d'un amphithéâtre naturel sur la péninsule d'Abşeron. Son cœur est la Vieille Ville fortifiée, İçəri Şəhər, un labyrinthe de ruelles étroites, de caravansérails et de monuments historiques, dominé par la Tour de la Vierge (Qız Qalası), une structure cylindrique énigmatique datant du XIIe siècle. Juste à l'extérieur des murailles s'étend le centre-ville moderne du XIXe-XXe siècle, avec son architecture élégante de style européen, héritage du premier boom pétrolier. Plus loin, le boulevard maritime (Bulvar) longe la Caspienne sur plusieurs kilomètres, offrant des espaces verts et des vues imprenables. Les quartiers ultramodernes, comme celui de la place de la Fontaine, abritent des bâtiments audacieux conçus par des architectes de renommée mondiale, témoignant de la prospérité contemporaine.
Histoire
L'histoire de Bakou est marquée par sa position stratégique et ses ressources. Des traces d'habitation remontent à l'âge de pierre. Elle est mentionnée au Ve siècle et se développe comme un port important sous la dynastie des Chirvanchahs (IXe-XVIe siècles), qui y établirent leur capitale et construisirent le palais des Chirvanchahs. Annexée par l'Empire russe en 1806, Bakou connaît une transformation radicale à la fin du XIXe siècle avec l'exploitation industrielle du pétrole, attirant investisseurs et ouvriers du monde entier et devenant l'une des principales sources de pétrole pour l'Empire russe puis l'URSS. En 1918, elle fut brièvement la capitale de la République démocratique d'Azerbaïdjan, premier État démocratique et laïque du monde musulman. Intégrée à l'URSS en 1920, elle redevint la capitale de la République socialiste soviétique d'Azerbaïdjan. Depuis l'indépendance du pays en 1991, Bakou a connu une métamorphose spectaculaire, se réaffirmant comme la capitale politique, économique et culturelle d'un État souverain.
Caracteristiques
Bakou présente plusieurs caractéristiques distinctives. Sur le plan économique, elle est le centre névralgique de l'industrie pétrolière et gazière de la mer Caspienne, souvent appelée la 'capitale du pétrole'. Culturellement, elle est un creuset où se mêlent influences perses, turques, russes et européennes, visible dans sa cuisine, sa musique (le mugam, patrimoine immatériel de l'UNESCO) et ses traditions. Architecturalement, la ville offre un panorama unique allant des monuments médiévaux islamiques (comme la mosquée Mohammed) aux bâtiments stalinens, en passant par le modernisme soviétique et l'architecture déconstructiviste contemporaine. Son climat est semi-aride, avec des vents forts, notamment le 'Khazri' (vent froid du nord) et le 'Gilavar' (vent chaud du sud), qui ont inspiré son surnom de 'ville des vents'.
Importance
Bakou joue un rôle crucial à plusieurs échelles. Au niveau national, elle concentre les pouvoirs politique, financier, éducatif et médiatique, et est le moteur de l'économie azerbaïdjanaise. Régionalement, elle est un hub de transport et de logistique majeur pour le corridor Caucase-Mer Caspienne, et un acteur clé dans les projets d'exportation d'énergie vers l'Europe (comme le corridor gazier Sud). Sur la scène internationale, Bakou s'est imposée comme une ville hôte d'événements globaux, tels que le Concours Eurovision de la chanson 2012, les premiers Jeux Européens en 2015, et des courses de Formule 1 (Grand Prix d'Azerbaïdjan) depuis 2016, renforçant son image et son soft power. Elle est également le siège du Processus de Bakou pour le dialogue interculturel, promu par l'UNESCO.
