Introduction
Astana est une capitale née de la volonté politique, érigée ex nihilo sur les vastes steppes du centre-nord du Kazakhstan. Elle incarne la nouvelle identité nationale et les aspirations économiques du pays depuis son indépendance en 1991. Plus qu'une simple ville administrative, elle est un laboratoire architectural à ciel ouvert et un projet géopolitique visant à rééquilibrer le territoire national, traditionnellement dominé par l'ancienne capitale méridionale, Almaty.
Description
Astana est située sur les rives de la rivière Ichim, dans une région au climat continental extrême, avec des hivers glacials descendant souvent sous les -30°C et des étés chauds. La ville est divisée en deux rives distinctes : la rive gauche, qui abrite le centre historique et administratif de l'époque soviétique, et la rive droite, entièrement nouvelle, où se concentrent les bâtiments gouvernementaux, les gratte-ciel et les monuments emblématiques. L'urbanisme, supervisé par l'architecte japonais Kisho Kurokawa, suit un concept de 'ville symbiotique' intégrant modernité et traditions nomades. Les espaces verts, les larges avenues et une skyline en constante évolution définissent son paysage. La ville accueille également des institutions culturelles majeures comme le Palais de la Paix et de la Réconciliation (une pyramide de verre), le Centre national des arts 'Kazakhstan', et la grande mosquée 'Hazret Sultan'.
Histoire
Fondée en 1830 comme une forteresse cosaque nommée Akmolinsk, la ville a connu plusieurs réincarnations et changements de nom reflétant les bouleversements politiques. Elle devient Tselinograd en 1961, en tant que centre administratif du 'Terres vierges', une campagne soviétique de mise en culture des steppes. Après l'indépendance du Kazakhstan en 1991, elle reprend le nom d'Akmola. La décision capitale de transférer la capitale d'Almaty à Akmola est prise par le président Noursoultan Nazarbaïev en 1997, officiellement pour des raisons de centralité géographique, de sécurité sismique et de développement régional. En 1998, elle est rebaptisée Astana, qui signifie simplement 'la capitale' en kazakh. En 2019, après la démission de Nazarbaïev, elle est renommée Noursoultan en son honneur. Ce nom est finalement abandonné en 2022 par un vote parlementaire, et la ville retrouve officiellement le nom d'Astana.
Caracteristiques
Astana se distingue par plusieurs caractéristiques uniques. Son architecture est un mélange éclectique de styles futuristes, néo-classiques et d'éléments inspirés de la culture kazakhe. L'emblème le plus célèbre est la tour 'Bayterek', une structure de 97 mètres (représentant l'année du transfert de la capitale) surmontée d'une sphère dorée, symbole de l'œuf mythique de l'oiseau Samruk. Le palais présidentiel 'Ak Orda' et le complexe ministériel sont imposants. La ville est aussi le siège d'organisations internationales comme le Congrès des leaders des religions mondiales et traditionnelles. Son développement rapide, financé par les revenus du pétrole et du gaz, en fait l'une des capitales à la croissance la plus rapide au monde au début du XXIe siècle. Elle a accueilli l'Exposition internationale spécialisée EXPO 2017 sur le thème des 'Énergies futures'.
Importance
Astana est d'une importance capitale pour le Kazakhstan sur les plans politique, symbolique et économique. Politiquement, elle consolide l'autorité de l'État dans une région à forte minorité russophone et ancre la souveraineté du pays. Symboliquement, elle est le projet-phare de l'ère Nazarbaïev, incarnant la rupture avec l'héritage soviétique et l'affirmation d'une nation moderne, tournée vers l'avenir et ouverte sur le monde. Économiquement, elle a généré un boom de la construction et attire des investissements, bien que des critiques pointent son coût exorbitant et son aspect parfois déconnecté du reste du pays. Sur la scène internationale, Astana a accueilli des pourparlers de paix sur la Syrie (les 'Processus d'Astana') et cherche à positionner le Kazakhstan comme un acteur diplomatique central en Asie centrale. Elle reste un symbole de la transformation et des ambitions d'un État riche en ressources.
