Cuisine coréenne

La cuisine coréenne est une gastronomie ancestrale centrée sur l'équilibre, la fermentation et la saisonnalité. Réputée pour ses plats épicés et ses banchan (petits accompagnements), elle allie santé et saveurs complexes. Le kimchi, plat emblématique, en est le parfait ambassadeur.

Introduction

La cuisine coréenne, ou hansik, est bien plus qu'une simple alimentation ; elle est une philosophie de vie profondément ancrée dans la culture et l'histoire de la péninsule. Guidée par le principe du 'yin et du yang' et la théorie des 'Cinq Éléments' (Ohaeng), elle recherche l'harmonie des couleurs, des textures, des saveurs et des bienfaits nutritionnels. Cette cuisine, à la fois rustique et raffinée, a gagné une reconnaissance mondiale pour sa singularité et ses vertus santé.

Description

La cuisine coréenne se caractérise par ses repas complets où une multitude de plats sont servis simultanément. Le riz (bap) en est la base incontournable, accompagné d'une soupe (guk ou tang), d'un plat principal (banchan principal comme le bulgogi ou le galbi) et d'une variété de banchan, ces petits accompagnements qui peuvent être au nombre de 3 à 12, voire plus lors d'occasions spéciales. La fermentation est un pilier technologique, conférant profondeur, umami et probiotiques. Les saveurs pivots sont le piment rouge en poudre (gochugaru), la pâte de soja fermentée (doenjang), la pâte de piment fermentée (gochujang), la sauce soja (ganjang), l'ail, le gingembre et l'oignon vert. Les méthodes de cuisson privilégiées sont le grill, le braisage, la cuisson à la vapeur et la fermentation.

Histoire

L'histoire de la cuisine coréenne remonte à l'ère des Trois Royaumes (57 av. J.-C. - 668 apr. J.-C.), où l'agriculture du riz et la culture du soja se sont établies. La période Joseon (1392-1897) fut décisive, avec le raffinement de l'étiquette royale (sura sang) et le développement systématique des techniques de fermentation, influencées par les principes confucéens et le bouddhisme. L'introduction du piment depuis les Amériques au 17ème siècle a révolutionné la cuisine, donnant naissance au kimchi tel qu'on le connaît aujourd'hui. Les périodes d'occupation japonaise et la guerre de Corée ont apporté des privations mais aussi une résilience culinaire. La division de la péninsule a ensuite conduit à des évolutions distinctes, la cuisine du Nord étant généralement moins épicée et plus simple que celle du Sud.

Caracteristiques

1. **Banchan** : Cœur du repas, ces accompagnements variés (légumes marinés, sautés, frits, en gelée) assurent équilibre et diversité. 2. **Fermentation** : Processus central pour la conservation et la création de saveurs (kimchi, jang, jeotgal - fruits de mer salés). 3. **Équilibre et santé** : Conformité à la médecine traditionnelle coréenne, visant l'équilibre du corps. Les repas sont conçus pour être nutritionnellement complets. 4. **Saisonnalité** : Utilisation d'ingrédients de saison, avec des variations régionales marquées. 5. **Plats uniques en pot** : Le jjigae (ragoût), le jeongol (fondue) et le bibimbap (riz mélangé dans un bol) illustrent l'art de combiner ingrédients et cuisson. 6. **Viandes et barbecue** : Le barbecue coréen (gogi-gui) comme le bulgogi (bœuf mariné) ou le samgyeopsal (poitrine de porc) est une expérience sociale interactive.

Importance

La cuisine coréenne est un élément fondamental de l'identité nationale et un vecteur majeur de la Hallyu (vague coréenne). Le kimchi, inscrit au patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO, en est un symbole fort. Son importance santé, mise en avant par ses aliments fermentés riches en probiotiques, a captivé un public mondial soucieux de bien-être. La diffusion internationale du bibimbap, du barbecue coréen et des nouilles instantnées (ramyeon) témoigne de son succès global. Elle représente un dialogue constant entre tradition et modernité, tout en restant un lien émotionnel puissant pour la diaspora.

Anecdotes

Le kimjang, rituel communautaire

La préparation du kimchi pour l'hiver, appelée kimjang, est un événement social et familial majeur en Corée, classé par l'UNESCO. Les voisins et les familles se réunissent pour préparer des centaines de choux, partageant techniques et conversations. Autrefois, la qualité du kimchi d'une femme était un critère de son aptitude au mariage.

Les nouilles de la longévité

Les nouilles de sarrasin (naengmyeon), servies froides dans un bouillon glacé, sont traditionnellement consommées le jour du nouvel an lunaire. Leur longueur, sans être coupées, symbolise une vie longue et prospère. Les manger en faisant le moins de bruit possible était considéré comme un signe de raffinement.

La soupe qui soigne

Le samgyetang, une soupe estivale composée d'un petit poulet farci de riz gluant, de ginseng, d'ail et de jujubes, est consommé spécifiquement les jours les plus chauds de l'été selon le principe coréen 'yi yeol chi yeol' (combattre la chaleur par la chaleur). Elle est réputée pour restaurer l'énergie et la vitalité.

L'armée secrète du Roi

Le bulgogi (littéralement 'viande de feu'), aujourd'hui un des plats les plus populaires, aurait des origines aristocratiques. Une théorie avance qu'il était à l'origine appelé 'neobiani' et était réservé à la cour royale et à la noblesse de la dynastie Joseon, préparé par des cuisiniers spéciaux pour le roi.

Sources

  • National Institute of Korean Language - 'Korean Food'
  • UNESCO - 'Kimjang, making and sharing kimchi'
  • Académie de la cuisine coréenne (Hanguk Yori Hakhoe)
  • Ouvrage 'Korean Cuisine: An Illustrated History' de Michael J. Pettid
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