National Gallery of Australia

La National Gallery of Australia (NGA) est le principal musée d'art du pays, situé à Canberra. Elle abrite la plus grande collection d'art australien au monde, ainsi que d'importantes œuvres internationales, notamment des arts asiatiques, européens et des arts des peuples du Pacifique. Son architecture brutaliste et ses jardins de sculptures en font un lieu culturel majeur.

Introduction

La National Gallery of Australia (NGA), inaugurée en 1982, est l'institution phare des arts visuels en Australie. Plus qu'un simple musée, elle est un dépôt national de la créativité, chargée de préserver, d'exposer et d'interpréter une collection encyclopédique qui raconte l'histoire de l'art australien et la place du pays dans le monde. Située dans le quartier culturel de Parkes, au cœur de Canberra, elle attire des centaines de milliers de visiteurs chaque année.

Description

La collection de la NGA est vaste et diversifiée, comptant plus de 155 000 œuvres. Elle est organisée en plusieurs départements principaux. Le cœur de la collection est l'art australien, présenté chronologiquement, des œuvres des peuples aborigènes et insulaires du détroit de Torres (avec une collection remarquable de peintures sur écorce, de sculptures et d'œuvres contemporaines) à l'art colonial, l'impressionnisme australien, le modernisme et l'art contemporain. Les artistes phares incluent Tom Roberts, Arthur Streeton, Sidney Nolan, Arthur Boyd, Grace Cossington Smith et Emily Kame Kngwarreye. La collection internationale est tout aussi impressionnante, avec des œuvres majeures de l'art occidental moderne, notamment le célèbre *Blue Poles* de Jackson Pollock (acquis en 1973 au grand scandale public), des œuvres de Picasso, Monet, Warhol et Bacon. Le département des arts asiatiques est l'un des plus complets de l'hémisphère sud, couvrant des régions allant de l'Asie du Sud-Est à l'Inde, la Chine et le Japon. La NGA possède également une importante collection d'art photographique, de dessins, d'estampes, de sculptures et d'arts décoratifs.

Histoire

L'idée d'une galerie nationale australienne remonte aux premières décennies du XXe siècle, mais elle ne prit forme qu'avec la création de la capitale fédérale, Canberra. En 1967, le Premier ministre Harold Holt annonça officiellement le projet. Un concours d'architecture fut remporté par le bureau d'architectes Edwards Madigan Torzillo and Briggs. La construction, dirigée par l'architecte en chef Colin Madigan, débuta en 1974. Le bâtiment, de style brutaliste tardif avec ses formes angulaires en béton brut et ses espaces monumentaux, fut ouvert au public par la reine Élisabeth II le 12 octobre 1982. Depuis, la galerie a connu plusieurs extensions et rénovations majeures, dont une importante transformation des espaces d'accueil et une nouvelle aile dédiée aux arts asiatiques, achevée en 2010. L'acquisition de la collection de la Fondation Aboriginal Memorial en 2005 a renforcé son rôle de gardienne de l'art autochtone.

Caracteristiques

L'architecture de la NGA est une caractéristique déterminante. Le bâtiment principal est conçu comme une série de parcours, avec des galeries disposées autour d'un jardin de sculptures intérieur, inondé de lumière naturelle filtrée par des lucarnes. Les matériaux bruts (béton, bois et brique) créent une ambiance solennelle et intemporelle. Les jardins de sculptures extérieurs, conçus par l'artiste Fiona Hall, s'étendent jusqu'au lac Burley Griffin et intègrent des œuvres monumentales d'artistes comme Auguste Rodin (*Les Bourgeois de Calais*) et Henry Moore. La galerie est également réputée pour son programme dynamique d'expositions temporaires internationales, ses activités éducatives, son centre de recherche et sa bibliothèque spécialisée. La salle des Grands Maîtres européens, ouverte en 2021, présente des œuvres de la Renaissance au Baroque issues de la collection de la famille de Sidney et Arabella Nolan.

Importance

La National Gallery of Australia joue un rôle crucial dans la définition et la diffusion de l'identité culturelle australienne. En rassemblant l'art autochtone ancestral et l'art contemporain sous un même toit, elle offre une narration continue et complexe de l'histoire du continent. Son acquisition audacieuse d'œuvres internationales majeures, comme *Blue Poles*, a placé l'Australie sur la carte mondiale de l'art et a stimulé le débat public sur la valeur de la culture. Elle sert de référence pour les musées régionaux, prête des œuvres dans tout le pays et à l'étranger, et mène des recherches pionnières, notamment sur l'art aborigène. En tant qu'institution nationale, elle est un symbole de l'engagement du pays envers la créativité, la préservation du patrimoine et l'éducation du public.

Anecdotes

Le scandale des Blue Poles

En 1973, la NGA, alors en projet, acquit le tableau *Number 11, 1952* (surnommé *Blue Poles*) de Jackson Pollock pour la somme record de 1,3 million de dollars australiens. Cette acquisition, réalisée par le premier directeur de la galerie, James Mollison, avec l'aval du Premier ministre Gough Whitlam, provoqua un tollé national. La presse et l'opposition politique dénoncèrent un gaspillage d'argent public pour une œuvre jugée incompréhensible. Le scandale fit la une des journaux pendant des mois, mais il plaça aussi la future galerie sous les projecteurs et engagea un débat crucial sur la valeur de l'art moderne. Aujourd'hui, *Blue Poles* est considéré comme le joyau de la collection, estimé à plus de 500 millions de dollars, et est l'une des œuvres les plus populaires du musée.

L'Aboriginal Memorial

L'une des œuvres les plus puissantes et importantes de la NGA est *The Aboriginal Memorial*, installée de façon permanente dans la galerie d'entrée. Créée en 1988 par 43 artistes de Ramingining en Terre d'Arnhem, elle se compose de 200 troncs d'arbre creux peints (hollow logs), un pour chaque année d'occupation européenne en Australie entre 1788 et 1988. Ces troncs, traditionnellement utilisés dans les rites funéraires, forment un chemin de deuil qui honore tous les peuples aborigènes et insulaires du détroit de Torres morts en défendant leur terre depuis la colonisation. C'est une œuvre à la fois commémorative, politique et spirituelle, reconnue comme un chef-d'œuvre national.

Le vol du Picasso

En 1986, la NGA fut le théâtre d'un vol audacieux. Un groupe nommé « Australian Cultural Terrorists » déroba la toile de Picasso *Femme qui pleure*, d'une valeur de plus d'un million de dollars. Les voleurs laissèrent une note réclamant une augmentation du budget des arts. L'œuvre fut retrouvée quelques jours plus tard, intacte, dans un casier de la gare de Sydney. L'incident mit en lumière les questions de sécurité dans les musées et eut un côté rocambolesque, le tableau ayant été transporté en train comme un simple bagage.

Sources

  • National Gallery of Australia - Site officiel (nga.gov.au)
  • Encyclopédie Britannica - National Gallery of Australia
  • The Dictionary of Art, Grove Macmillan
  • Documentation interne et publications de la NGA (catalogues d'exposition, rapports annuels)
  • Articles académiques sur l'histoire de l'art australien et les collections muséales
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