Introduction
Le Musée égyptien du Caire, souvent surnommé le 'trésor des pharaons', est un monument culturel et historique de premier plan. Depuis son inauguration en 1902 dans son bâtiment actuel de style néoclassique, il sert de gardien du patrimoine pharaonique, attirant des millions de visiteurs venus admirer ses collections inestimables. Il incarne la redécouverte de l'Égypte antique par le monde moderne et reste le cœur palpitant de l'égyptologie.
Description
Le musée est installé dans un imposant édifice de couleur rose ocre, conçu par l'architecte français Marcel Dourgnon. Il s'étend sur deux étages principaux, organisés de manière chronologique et thématique. Le rez-de-chaussée présente une vaste collection d'objets, de statues colossales, de sarcophages et de stèles, couvrant les périodes de l'Ancien Empire au Nouvel Empire. On y trouve des chefs-d'œuvre comme la statue en diorite du roi Khéphren, les statues en bois du prince Ka-Aper et le célèbre groupe statuaire de Rahotep et Nofret. L'étage supérieur est largement dominé par le fabuleux trésor de Toutânkhamon, découvert par Howard Carter en 1922, comprenant le masque funéraire en or massif, les sarcophages emboîtés, le trône en or et des centaines d'objets de la vie quotidienne et de l'au-delà. D'autres salles présentent les momies royales (dans une salle séparée payante), les bijoux, les objets funéraires et les artefacts des périodes tardives.
Histoire
L'histoire du musée commence au milieu du XIXe siècle, alors que les antiquités égyptiennes, souvent pillées, étaient dispersées à travers le monde. Pour endiguer ce phénomène, le gouvernement égyptien, sous l'impulsion de l'égyptologue français Auguste Mariette, fonde le 'Service des Antiquités égyptiennes' en 1858 et établit un premier musée à Boulaq en 1863. La collection déménage ensuite dans le palais d'Ismaïl Pacha à Giza, avant de trouver son domicile permanent sur la place Tahrir (alors place Ismailia). Le bâtiment actuel, symbole de la renaissance culturelle égyptienne, ouvre ses portes le 15 novembre 1902. Il a été conçu spécifiquement pour être un musée, une innovation pour l'époque. Tout au long du XXe siècle, il a accueilli les découvertes majeures des fouilles archéologiques, notamment le trésor de Toutânkhamon qui en a fait la renommée mondiale. Durant le Printemps arabe de 2011, il fut brièvement vandalisé, provoquant une onde de choc internationale et soulignant son statut de symbole national.
Caracteristiques
La caractéristique principale du musée est l'immensité et la densité de sa collection, estimée à plus de 120 000 artefacts, dont une grande partie est encore en réserve. Son agencement, parfois jugé 'à l'ancienne' avec ses vitrines et étiquettes datées, fait partie de son charme historique et offre une expérience de découverte authentique. L'architecture intérieure est marquée par un grand hall central lumineux surmonté d'une verrière, autour duquel s'organisent les galeries. La salle des momies royales, abritant les restes de grands pharaons comme Ramsès II, Séthi Ier et Thoutmosis III, constitue un attrait majeur et presque sacré. Le musée est également un centre de recherche actif, avec des bibliothèques et des laboratoires de conservation.
Importance
Le Musée égyptien du Caire est d'une importance capitale à plusieurs niveaux. Il est le dépositaire central de l'identité historique et culturelle égyptienne, un pilier du tourisme national et une référence absolue pour la communauté égyptologique mondiale. Il a joué un rôle fondamental dans la sauvegarde du patrimoine et dans la formation des archéologues. Alors qu'une partie de ses collections les plus prestigieuses est progressivement transférée au nouveau Grand Musée Égyptien (GEM) près des pyramides de Gizeh, le musée de Tahrir est destiné à se transformer en un musée consacré à l'art et à l'histoire de la civilisation égyptienne à travers les âges, conservant ainsi son statut iconique. Il reste le témoin tangible de l'âge d'or des découvertes archéologiques et le point de départ obligé pour tout voyage dans l'Égypte des pharaons.
