Introduction
Le temple de Karnak, situé sur la rive est du Nil à l'emplacement de l'antique Thèbes, n'est pas un temple unique mais une immense cité religieuse. Il constitue le plus grand complexe cultuel jamais construit par l'homme, un véritable livre de pierre retraçant l'histoire de l'Égypte pharaonique du Moyen Empire à l'époque ptolémaïque. Son nom égyptien était Ipet-isout, 'le plus vénérable des lieux'. Son importance était capitale : centre religieux, économique et politique, il était considéré comme la demeure terrestre du dieu Amon-Rê, roi des dieux.
Histoire
L'histoire de Karnak est une accumulation de constructions et de modifications successives sur près de deux millénaires. Les premiers vestiges datent du Moyen Empire (vers 2000 av. J.-C.), mais l'essentiel des structures visibles aujourd'hui remonte au Nouvel Empire (1550-1069 av. J.-C.). Chaque pharaon voulait laisser son empreinte en ajoutant une cour, un pylône, un obélisque ou en modifiant les décors. Thoutmosis Ier, Hatchepsout, Thoutmosis III, Amenhotep III, Séthi Ier, Ramsès II et Ramsès III sont parmi les grands bâtisseurs. Après une période de déclin, les souverains de la période ptolémaïque (IVe-Ier siècles av. J.-C.) y ont encore apporté des embellissements. Le site a été progressivement abandonné après la fermeture des temples païens au IVe siècle apr. J.-C. et partiellement enseveli sous le sable avant les grandes campagnes de fouilles et de dégagement à partir du XIXe siècle.
Architecture
Le complexe s'étend sur environ 100 hectares et est divisé en trois enclos principaux : le plus grand et central est celui d'Amon-Rê, flanqué au sud par celui de son épouse Mout et au nord par celui de leur fils Khonsou. L'axe principal est-ouest mène du Nil au sanctuaire. L'élément le plus spectaculaire est la Grande Salle Hypostyle de la XIXe dynastie, une forêt de 134 colonnes papyriformes monumentales (les plus hautes atteignent 24 mètres), couverte autrefois d'un plafond aujourd'hui disparu. On y trouve également le lac sacré (129m x 77m), utilisé pour les rites de purification, des obélisques (dont celui d'Hatchepsout, le plus haut d'Égypte avec 29,5 m), des colosses, des salles de fêtes (comme la 'salle des fêtes' de Thoutmosis III) et dix pylônes massifs servant d'entrées monumentales. Le temple est célèbre pour ses murs couverts de reliefs et d'inscriptions hiéroglyphiques d'une richesse inégalée.
Symbole
Karnak est le symbole ultime de la puissance et de la piété des pharaons envers le dieu Amon, dont le culte était intimement lié à la légitimité royale et à la prospérité de l'Égypte. Il représentait la création du monde : le lac sacré évoquait l'océan primordial (Noun), les colonnes de la salle hypostyle figuraient un marais de papyrus, et l'axe du temple suivait le parcours du soleil. C'était le centre du pouvoir théocratique, où le pharaon, fils d'Amon, venait recevoir l'investiture divine lors de grandes fêtes comme la Belle Fête de la Vallée. Son état actuel, avec ses constructions de différentes époques imbriquées, symbolise aussi la continuité et l'accumulation du sacré à travers les siècles.
Visite
Le site est ouvert aux visiteurs tous les jours. Il est conseillé de prévoir au moins une demi-journée pour explorer les principaux secteurs. La visite classique se concentre sur le temple d'Amon (Grande Salle Hypostyle, obélisques, lac sacré). Des spectacles son et lumière sont proposés en soirée. Le site est immense et peu ombragé : chapeau, eau et chaussures de marche sont indispensables. Il est situé à Louxor, accessible par avion, train ou croisière sur le Nil depuis Le Caire ou Assouan. La meilleure période pour visiter est d'octobre à avril pour éviter les chaleurs extrêmes.
