Introduction
Le sanctuaire de Fushimi Inari-taisha est le sanctuaire principal (taisha) dédié à la divinité (kami) Inari, parmi plus de 30 000 à travers le Japon. Situé au pied de la montagne Inari (à 233 mètres d'altitude), il s'étend sur 870 000 mètres carrés. Son paysage unique, marqué par d'innombrables portiques torii vermillon offerts par les fidèles, crée un chemin sinueux et mystique vers le sommet, offrant une expérience à la fois culturelle, spirituelle et naturelle. C'est un symbole puissant de la fusion entre la foi shinto et le monde naturel.
Histoire
Fondé en 711 par la famille Hata, le sanctuaire fut déplacé à son emplacement actuel en 816 sur ordre du moine Kūkai. Il acquit une importance majeure lorsque la divinité Inari fut désignée comme protectrice de Kyoto, alors capitale impériale, au IXe siècle. Durant l'ère Edo (1603-1868), sa popularité explosa auprès des marchands et des artisans, qui firent des offrandes de torii pour assurer leur prospérité. Contrairement à de nombreux temples, il survécut intact aux guerres civiles et à la Seconde Guerre mondiale. Son statut de sanctuaire principal de la déesse Inari en fait un lieu de pèlerinage et de vénération ininterrompue depuis plus de treize siècles.
Architecture
L'architecture suit le style shinto classique Nagare-zukuri, caractérisé par un toit asymétrique. Les bâtiments principaux au pied de la montagne, dont le Romon (porte principale, offerte par Toyotomi Hideyoshi en 1589) et le Honden (pavillon principal), sont peints en vermillon, une couleur censée repousser les démons et symboliser la vitalité. Cependant, l'élément architectural le plus frappant est le Senbon Torii (les « milliers de torii »). Ces portiques, offerts par des particuliers ou des entreprises (le donateur est inscrit sur le montant), forment des tunnels continus le long des sentiers de la montagne, notamment sur les chemins principaux du Sando et de l'Omotesando. Les chemins secondaires mènent à des centaines de sous-sanctuaires (okusha) et de statues de renards (kitsune), les messagers d'Inari.
Symbole
Fushimi Inari est le cœur du culte d'Inari, kami aux multiples facettes associée au riz, à la fertilité, à l'agriculture, mais surtout, depuis l'ère Edo, à la prospérité commerciale et industrielle. Les renards (kitsune) blancs, considérés comme ses messagers, sont omniprésents, tenant souvent une clé dans leur gueule (clé du grenier à riz) ou un joyau sacré. Les torii vermillon symbolisent le passage du monde profane au monde sacré. Chaque torii offert représente un vœu exaucé ou une demande de succès. La randonnée jusqu'au sommet de la montagne est un acte de dévotion, une purification, et une recherche de faveur divine, mêlant étroitement spiritualité et aspiration matérielle dans la culture japonaise.
Visite
Le sanctuaire est ouvert 24h/24 et 7j/7, l'accès étant gratuit. La visite des bâtiments principaux est possible de jour, mais l'expérience des tunnels de torii au lever du soleil, à la nuit tombée (éclairés) ou tôt le matin est particulièrement recommandée pour éviter la foule. La boucle complète jusqu'au sommet de la montagne Inari (environ 4 km) prend 2 à 3 heures de marche. Des stands de nourriture proposent des spécialités comme l'Inari-zushi (sushi dans une poche de tofu frit, offert au renard) et des Kitsune Udon. Accessible en 5 minutes à pied de la gare JR Inari sur la ligne Nara, ou de la gare Fushimi-Inari sur la ligne Keihan.
