Persépolis

Marvdasht, Iran

Persépolis, fondée par Darius Ier, fut la capitale cérémonielle de l'Empire achéménide. Symbole de la puissance et de la tolérance impériale, elle est célèbre pour ses imposantes ruines, ses bas-reliefs détaillés et son architecture unique, mélange d'influences de tout l'empire. Incendiée par Alexandre le Grand en 330 av. J.-C., elle reste un témoignage majeur de la civilisation perse antique.

Introduction

Persépolis, connue des anciens Perses sous le nom de Parsa ("la cité des Perses"), est l'un des sites archéologiques les plus importants au monde. Située au pied de la montagne Kuh-e Rahmat dans la province du Fars, elle ne fut pas une capitale administrative mais le cœur symbolique et cérémoniel de l'immense Empire achéménide. Elle servait principalement de cadre aux célébrations du Nouvel An (Nowruz) et à la réception des délégations venues des 28 nations de l'empire pour offrir des tributs au Roi des Rois. Son nom grec, Persépolis, signifie "la cité perse".

Histoire

La construction de Persépolis fut initiée vers 518 av. J.-C. par Darius Ier (522-486 av. J.-C.) sur un site vierge, peut-être pour marquer une rupture avec la capitale précédente, Pasargades. Les travaux se poursuivirent intensément sous son fils Xerxès Ier (486-465 av. J.-C.) et son petit-fils Artaxerxès Ier. Chaque roi ajouta son propre palais ou ses salles, faisant de la terrasse un complexe évolutif. La ville prospéra pendant près de deux siècles, jusqu'à sa chute tragique en 330 av. J.-C. Lors de sa conquête de l'empire, Alexandre le Grand s'empara de la cité et, selon les historiens antiques (Diodore de Sicile, Quinte-Curce), un incendie, peut-être accidentel lors d'une fête, ravagea le palais de Xerxès, se propageant à l'ensemble des structures en bois. Le site fut ensuite progressivement abandonné et enseveli sous le sable, ce qui contribua paradoxalement à sa préservation. Il fut redécouvert par le voyageur occidental Antonio de Gouvea au début du XVIIe siècle et systématiquement fouillé à partir des années 1930 par l'orientaliste allemand Ernst Herzfeld.

Architecture

Le complexe est bâti sur une immense terrasse artificielle de 450 m sur 300 m, adossée à la montagne. L'accès se fait par le monumental Escalier des Perses, à double volée, menant à la Porte de toutes les Nations (Xerxès Ier), flanquée de colossaux taureaux androcéphales (lamassus). Le cœur du site est constitué de deux grandes salles d'audience : l'Apadana de Darius, célèbre pour ses 72 colonnes de 20 mètres de haut (dont 13 subsistent) et ses escaliers ornés de bas-reliefs de délégations tributaires ; et la salle du Trône (Salle aux Cent Colonnes) de Xerxès. On y trouve également les palais privés (Tachara de Darius, Hadish de Xerxès), le Trésor et les casernes. L'architecture est une synthèse unique : les colonnes élancées et leurs chapiteaux à protomés d'animaux sont d'inspiration ionienne, les taureaux ailés assyriens, les terrasses mésopotamiennes, et les hiéroglyphes égyptiens apparaissent dans certaines inscriptions. La pierre locale, un calcaire gris, était le matériau principal.

Symbole

Persépolis était le symbole tangible de la puissance, de la stabilité et de la légitimité de l'Empire achéménide. Contrairement aux bas-reliefs assyriens glorifiant la guerre, ceux de Persépolis mettent en scène la paix, l'ordre et l'harmonie. Les représentations des délégations des peuples soumis, chacune avec son costume et ses offrandes caractéristiques, illustrent la diversité et la tolérance relative de l'empire, où les peuples conservaient leurs coutumes sous l'autorité centrale. Le site incarnait l'idéal du "Roi des Rois", monarque juste et protecteur, recevant l'hommage des nations. Sa destruction par Alexandre marqua symboliquement la fin de l'ère achéménide et le transfert de l'hégémonie vers le monde hellénistique.

Visite

Le site est ouvert au public toute l'année, avec des horaires variables selon les saisons. Il est situé à environ 70 km au nord-est de Shiraz, accessible par la route. La visite de la terrasse, du musée sur place (abritant des artefacts trouvés lors des fouilles) et des tombes royales achéménides taillées dans la falaise voisine (Naqsh-e Rostam) nécessite au moins une demi-journée. Un spectacle son et lumière est proposé le soir. Il est conseillé de visiter tôt le matin ou en fin d'après-midi pour éviter la chaleur et la forte affluence. Le port de chaussures confortables est indispensable. La photographie est autorisée.

Anecdotes

Sources

  • UNESCO World Heritage Centre, "Persepolis" (whc.unesco.org)
  • Pierre Briant, "Histoire de l'Empire perse : De Cyrus à Alexandre", Fayard, 1996.
  • Ernst Herzfeld, "Iran in the Ancient East", Oxford University Press, 1941.
  • Ali Mousavi, "Persepolis: Discovery and Afterlife of a World Wonder", De Gruyter, 2012.
  • Ministère iranien du Patrimoine culturel, du Tourisme et de l'Artisanat.
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