Introduction
Perché à 3 700 mètres d'altitude, le Palais du Potala est l'emblème le plus reconnaissable du Tibet. Son nom évoque le Mont Potalaka, la demeure mythique du bodhisattva de la compassion, Avalokiteshvara, dont les Dalaï-Lamas sont considérés comme les émanations. Plus qu'un simple palais, c'était le cœur névralgique du gouvernement tibétain et un lieu de pèlerinage majeur, abritant des trésors artistiques et spirituels inestimables.
Histoire
Le premier palais fut construit au 7e siècle par le roi Songtsen Gampo pour son mariage avec la princesse chinoise Wencheng. Cette structure primitive fut largement détruite par la guerre et les intempéries. Le palais actuel doit son existence au 5e Dalaï-Lama, Lobsang Gyatso, qui en ordonna la construction en 1645 pour affirmer son autorité politique et religieuse. Les travaux, supervisés par son régent après sa mort, durèrent près de 50 ans. Le Potala servit de résidence d'hiver et de siège du gouvernement jusqu'en 1959, date à laquelle le 14e Dalaï-Lama s'exila en Inde. Il est depuis devenu un musée et un site sacré préservé.
Architecture
L'édifice, colossal, est divisé en deux parties distinctes : le Palais Blanc (Potrang Karpo) et le Palais Rouge (Potrang Marpo). Le Palais Blanc, en façade, abritait les quartiers administratifs, les salles d'étude et les appartements du régent et des tuteurs. Le Palais Rouge, au centre, est dédié à la pratique religieuse. Il contient les stupas-tombes (chörtens) dorés de huit Dalaï-Lamas, dont celui du 5e, monumental et incrusté de pierres précieuses. L'ensemble comprend plus de 1 000 pièces, 10 000 sanctuaires, et environ 200 000 statues. Sa construction utilise des murs de pierre et de terre battue, inclinés vers l'intérieur pour résister aux séismes, et des fenêtres à encorbellement typiques. L'intérieur est un labyrinthe de chapelles, de bibliothèques (contenant des sutras rares) et de galeries aux fresques murales dépeignant l'histoire tibétaine et bouddhique.
Symbole
Le Potala est le symbole ultime de la culture tibétaine et de la théocratie bouddhiste. Il représente l'union du spirituel et du temporel (chos srid zung 'brel). Sa silhouette imposante et sa position dominante reflètent l'autorité des Dalaï-Lamas. Pour les Tibétains, c'est un lieu de dévotion profond, un axe du monde bouddhiste. Sa résilience architecturale face aux conditions extrêmes du plateau tibétain en fait aussi un symbole de persévérance et d'adaptation.
Visite
Le palais est ouvert aux visiteurs, mais l'accès est réglementé. Les touristes doivent réserver un billet pour un créneau horaire spécifique. La visite, qui peut durer 2 à 3 heures, implique une ascension à pied de nombreux escaliers (adaptation à l'altitude nécessaire). L'intérieur est sombre et les flashs photographiques sont interdits dans les salles sacrées. La période idéale pour visiter est de mai à octobre. Le temple du Jokhang et le palais de Norbulingka, également classés à l'UNESCO, complètent souvent la visite de Lhassa.
