Introduction
Le musée de l'Ermitage, à Saint-Pétersbourg, est une institution culturelle d'importance mondiale et un symbole de la grandeur impériale russe. Il ne s'agit pas d'un seul bâtiment, mais d'un vaste complexe muséal composé de six édifices historiques, dont le célèbre Palais d'Hiver, résidence officielle des tsars russes de 1762 à 1917. Fondé par l'impératrice Catherine II en 1764, le musée abrite des collections qui retracent l'histoire de l'art et de la culture mondiale, de l'Antiquité au XXe siècle, et constitue un témoignage architectural majeur.
Histoire
L'histoire de l'Ermitage commence avec l'impératrice Catherine la Grande, qui acquit en 1764 une première collection de 225 tableaux à Berlin, posant les bases de la future galerie. Le nom 'Ermitage' (du français 'ermitage', lieu de retraite) désignait à l'origine les salles privées du palais où Catherine exposait ses œuvres, réservées à un cercle très restreint. Au fil des règnes, les collections s'enrichirent considérablement par des achats en Europe, des commandes et des saisies. Le Palais d'Hiver, construit par Rastrelli pour l'impératrice Élisabeth, devint le cœur du complexe. En 1852, le 'Nouvel Ermitage', premier bâtiment spécialement conçu comme musée, ouvrit partiellement au public. La Révolution de 1917 entraîna la nationalisation des palais et la fusion de leurs collections avec des œuvres provenant de collections privées confisquées, transformant radicalement l'institution en musée d'État. Il résista au siège de Léningrad (1941-1944) où une partie des collections fut évacuée et les sous-sols servirent d'abris.
Architecture
Le complexe architectural, s'étendant le long du quai du Palais, est un amalgame de styles. Le Palais d'Hiver (1754-1762) est un chef-d'œuvre du baroque élisabéthain russe, caractérisé par sa façade vert et blanc, son abondance de colonnes, de frontons et de statues. Le Petit Ermitage (1764-1775), de Jean-Baptiste Vallin de la Mothe, introduit le néoclassicisme. Le Vieil Ermitage (1771-1787) de Iouri Felten, et le Théâtre de l'Ermitage (1783-1787) de Giacomo Quarenghi, complètent l'ensemble. Le Nouvel Ermitage (1839-1852) de Leo von Klenze, reconnaissable à ses atlantes de granite à l'entrée, est un exemple d'architecture muséale néoclassique. L'ensemble, avec ses 1 057 salles, ses escaliers monumentaux (comme l'escalier du Jourdain), et ses intérieurs somptueusement décorés (salle du Trône, galerie de la Guerre de 1812), forme un palais-musée unique.
Symbole
L'Ermitage est le symbole par excellence de la culture impériale russe et de son ouverture sur l'Europe. Il incarne la volonté des Romanov, en particulier de Pierre le Grand et de Catherine II, d'ancrer la Russie dans le concert des nations civilisées par l'art et l'architecture. Après la Révolution, il est devenu le symbole de la démocratisation de la culture, un trésor national appartenant au peuple. Aujourd'hui, il représente la richesse du patrimoine culturel mondial et le rôle de la Russie dans sa préservation. Sa résilience pendant le siège de Léningrad en fait également un monument à la mémoire et à la résistance.
Visite
Le musée est ouvert du mardi au dimanche, de 10h30 à 18h (jusqu'à 21h le mercredi et le vendredi). L'entrée principale se trouve sur la place du Palais. Il est fortement conseillé d'acheter ses billets en ligne à l'avance pour éviter les longues files d'attente. La visite des principaux trésors nécessite plusieurs jours. Les points incontournables incluent les salles d'apparat du Palais d'Hiver, les peintures de Léonard de Vinci, Rembrandt, les impressionnistes et post-impressionnistes au bâtiment de l'État-Major, ainsi que la collection d'orfèvrerie scythe et sarmate. Des audioguides sont disponibles. Le musée est partiellement accessible aux personnes à mobilité réduite.
