Inglourious Basterds

Inglourious Basterds est un film de guerre alternatif écrit et réalisé par Quentin Tarantino, sorti en 2009. Il réécrit l'histoire de la Seconde Guerre mondiale en suivant deux intrigues parallèles : un commando juif-américain terrorisant les nazis en France occupée et le plan d'une propriétaire de cinéma pour assassiner la haute hiérarchie nazie lors d'une première. Le film est un mélange audacieux de genres, mêlant tension, humour noir et dialogues percutants.

Introduction

Inglourious Basterds (2009) est le sixième long métrage de Quentin Tarantino, une œuvre qui s'inscrit dans sa filmographie comme une réécriture fantasmée et cathartique de l'histoire. Loin d'un film de guerre réaliste, c'est une fable cinéphile et une vengeance par le cinéma, où la pellicule devient une arme aussi puissante que les explosifs. Le titre, délibérément mal orthographié, est un hommage à un film de guerre italien de 1978, 'Quel maledetto treno blindato' (The Inglorious Bastards).

Description

Le film se déroule en France occupée par les nazis en 1941 et 1944. Il est structuré en cinq chapitres, suivant deux trames narratives principales qui convergent vers un point culminant explosif. La première suit le lieutenant Aldo Raine (Brad Pitt) et son commando de soldats juifs-américains, les 'Basterds', dont la mission est de semer la terreur chez les nazis en les scalplant et en les marquant au couteau. La seconde se concentre sur Shosanna Dreyfus (Mélanie Laurent), une jeune femme juive qui a échappé de justesse à l'exécution de sa famille par le colonel SS Hans Landa (Christoph Waltz) et qui dirige maintenant un cinéma à Paris. Leurs destins se croisent lors de la première d'un film de propagande nazi, 'La Fierté d'une Nation', où toute l'élite du Troisième Reich, y compris Hitler et Goebbels, est attendue.

Histoire

Le film s'ouvre en 1941 avec l'arrivée du 'Chasseur de Juifs', le colonel Hans Landa, à la ferme d'un paysan français cachant la famille Dreyfus. Dans une scène d'une tension extrême, Landa élimine la famille, mais Shosanna s'échappe. Trois ans plus tard, en 1944, les Basterds, sous le commandement du lieutenant Aldo 'l'Apache' Raine, sèment la panique. Leurs exploits attirent l'attention du commandement allié et du service de renseignement britannique, qui les recrute pour l'opération 'Kino', un plan visant à assassiner les dirigeants nazis lors de la première parisienne. Parallèlement, Shosanna, sous le pseudonyme d'Emmanuelle Mimieux, est contrainte d'accueillir la première dans son cinéma. Elle voit là l'occasion de se venger. Avec l'aide de son amoureux, le projectionniste Marcel, elle prépare un piège mortel en utilisant les bobines de film hautement inflammables. Les deux plans, celui des Basterds et celui de Shosanna, convergent de manière chaotique lors de la projection, aboutissant à une fin apocalyptique et historiquement révisionniste où Hitler et les principaux dignitaires nazis périssent dans les flammes.

Caracteristiques

Le film est une quintessence du style Tarantino : dialogues longs et théâtraux, structure en chapitres, mélange des genres (guerre, espionnage, comédie noire, thriller), et références cinéphiles omniprésentes. La bande originale éclectique utilise des morceaux d'Ennio Morricone et d'autres, créant une ambiance anachronique et épique. La mise en scène alterne entre des scènes de tension quasi hitchcockiennes (l'interrogatoire dans la taverne, l'ouverture à la ferme) et des moments de violence stylisée et cathartique. La performance de Christoph Waltz dans le rôle de Hans Landa est considérée comme l'une des plus grandes incarnations de la méchanceté intelligente et charismatique au cinéma, lui valant l'Oscar du meilleur acteur dans un second rôle.

Importance

Inglourious Basterds est un film majeur dans l'œuvre de Tarantino et dans le cinéma des années 2000. Il démontre la puissance du cinéma comme outil de réécriture mythologique et de justice fictionnelle. Son impact culturel est immense, popularisant des expressions comme 'Au revoir, Shosanna !' et 'C'est un Bingo !'. Il a relancé la carrière de plusieurs acteurs et a établi Christoph Waltz comme une star internationale. Le film a été acclamé par la critique, nommé pour huit Oscars (dont meilleur film) et en a remporté un. Il a également ouvert la voie à d'autres réécritures historiques audacieuses de Tarantino, comme 'Django Unchained'. Il reste étudié pour sa structure narrative, son utilisation du langage comme arme et sa réflexion méta-cinématographique sur le pouvoir des images.

Anecdotes

Le titre mal orthographié

L'orthographe erronée 'Inglourious Basterds' est intentionnelle. Tarantino s'est inspiré du titre du film de guerre italien de 1978 'The Inglorious Bastards' (Quel maledetto treno blindato), mais a délibérément modifié l'orthographe pour créer une identité unique et éviter toute confusion. Il a déclaré que cela donnait au film une 'qualité de conte de fées'.

Le rôle refusé par Leonardo DiCaprio

Quentin Tarantino avait initialement écrit le rôle du colonel Hans Landa pour Leonardo DiCaprio. Cependant, DiCaprio a estimé qu'il n'était pas le bon acteur pour ce personnage et a décliné l'offre. Cette décision a conduit Tarantino à chercher un acteur de langue allemande, aboutissant à la découverte de Christoph Waltz, alors relativement inconnu du grand public international.

La scène de la taverne tournée en une seule prise

La scène tendue dans la taverne 'La Louisiane', où les Basterds déguisés rencontrent l'agent double Bridget von Hammersmark et un officier nazi, est un tour de force. Elle dure près de vingt minutes et a été tournée en une seule prise maîtresse (master shot) de plusieurs heures, avec des caméras supplémentaires pour les gros plans. L'improvisation et les erreurs des acteurs (comme l'officier nazi commandant trois verres au lieu d'un) ont été intégrées au scénario final.

Une fin historiquement incorrecte assumée

Tarantino a toujours assumé la fin révisionniste de son film, où Hitler est tué dans une explosion. Il a déclaré qu'il voulait offrir aux spectateurs une 'libération cathartique' et une vengeance par procuration. Il considère le film comme une 'fable' et a comparé son approche à celle des comics ou des films d'exploitation des années 70, où l'histoire est au service du fantasme et de l'émotion.

La langue comme arme centrale

Le film accorde une importance cruciale aux langues. Les changements de langue (anglais, allemand, français, italien) sont des pivots narratifs et des outils de pouvoir. La scène d'ouverture, où Landa passe du français à l'anglais, est un retournement psychologique. Le film souligne que celui qui maîtrise la langue et la conversation détient un pouvoir mortel, faisant des dialogues les véritables scènes d'action.

Sources

  • Tarantino, Quentin. (2009). Inglourious Basterds: Screenplay. New York: Little, Brown and Company.
  • Analyses critiques et entretiens avec Quentin Tarantino (The Hollywood Reporter, Empire, DVD commentary).
  • Academy Awards Database - 82nd Oscars (2010) nominations and wins.
  • Documentaires sur le making-of : 'The Making of Inglourious Basterds', 'Nation's Pride: The Film Within the Film'.
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