Introduction
Cinema Paradiso (Nuovo Cinema Paradiso) est l'une des œuvres les plus emblématiques et acclamées du cinéma italien. Sorti en 1988, ce film semi-autobiographique de Giuseppe Tornatore a conquis le monde entier par son hommage poignant au septième art et son évocation mélancolique d'une Italie d'après-guerre en mutation. Il a remporté l'Oscar du meilleur film en langue étrangère en 1990 et le Grand Prix du Jury à Cannes en 1989, devenant un classique intemporel.
Description
Le film se déroule en grande partie en flash-back. Salvatore Di Vita, un réalisateur romain renommé, apprend la mort d'Alfredo, le vieux projectionniste de son village natal en Sicile, Giancaldo. Cette nouvelle le plonge dans ses souvenirs d'enfance, alors qu'il était un garçon espiègle surnommé Totò, fasciné par le cinéma local, le Cinema Paradiso. Malgré l'interdiction de sa mère veuve, Totò se lie d'amitié avec Alfredo, qui devient son mentor. Il apprend les secrets de la cabine de projection et découvre un monde de rêves et d'évasion que le cinéma offre aux villageois. Le film suit plusieurs époques : l'enfance de Totò dans l'immédiat après-guerre, son adolescence où il filme ses premières images et vit un amour impossible avec Elena, et enfin son départ forcé du village sur les conseils d'Alfredo, qui lui intime de ne jamais revenir pour poursuivre sa destinée.
Histoire
L'histoire est structurée en trois actes correspondant aux âges de Salvatore. Enfant, Totò assiste à la vie du cinéma, lieu de rassemblement social où les villageois rient, pleurent et s'endorment devant les films. Alfredo, initialement réticent, finit par l'initier au métier. Un incendie tragique, causé par la négligence d'Alfredo qui projetait des pellicules inflammables, rend le vieil homme aveugle. Totò, alors adolescent, prend sa place comme projectionniste. Il tombe amoureux d'Elena, fille d'une famille aisée, mais leur relation est contrariée. Des années plus tard, devenu un homme accompli, Salvatore retourne au village pour les funérailles d'Alfredo. Il découvre un héritage poignant : une bobine de film que le vieil homme lui a léguée, un montage de toutes les scènes de baiser que le prêtre du village (censeur officiel) avait ordonné de couper des films. Cette séquence finale est une déclaration d'amour au cinéma et à tout ce qu'il représente.
Caracteristiques
Le film se distingue par plusieurs caractéristiques majeures. Narrativement, il utilise le procédé de la mémoire et du flash-back avec une grande maîtrise, créant une forte émotion nostalgique. Visuellement, le travail du directeur de la photographie Blasco Giurato est remarquable, avec des intérieurs du cinéma chaleureux et des plans larges sur la Sicile ensoleillée. La bande originale d'Ennio Morricone, composée avec son fils Andrea, est devenue légendaire, son thème principal « Love Theme » étant indissociable de l'émotion du film. Le scénario mêle habilement comédie (les réactions du public, les séances de censure), drame et romance. Il existe deux versions principales : la version originale de 155 minutes (dite « director's cut ») qui développe l'histoire d'amour adulte de Salvatore et Elena, et la version de 124 minutes, plus épurée, qui a connu un succès international.
Importance
Cinema Paradiso a eu un impact considérable. Il a marqué le grand retour international du cinéma italien sur le devant de la scène après des années difficiles. Le film est devenu un symbole universel de la puissance du cinéma comme art populaire, machine à souvenirs et école de vie. Son message sur la nécessité de quitter son nid pour se réaliser résonne profondément. Il a influencé toute une génération de cinéphiles et de réalisateurs par son évocation tendre et sans cynisme de la passion pour les images. C'est aussi un document précieux sur une époque révolue, celle des salles de cinéma de quartier comme centres de la vie communautaire, menacées par la télévision puis la vidéo. Le film reste une référence incontournable dans l'histoire du cinéma et une œuvre culte pour des millions de spectateurs.
